Douglas Laing, le fameux embouteilleur indépendant qui a déjà fait l’objet de plusieurs articles sur ce blog présente une collection de Blended Malts avec pour objectif de faire découvrir le profil aromatique des six régions de whisky. On a d’abord The Epicurean, cet homme du Glasgow des années 30, fêtard et fin connaisseurs des plaisirs de la vie. Puis Rock Island qui, bien que les Islands ne soit pas encore une région officielle, se propose d’illustrer les saveurs insulaires. On enchaînera avec Timourous Beastie faisant écho au petit mulot timide du célèbre poème de Robert Burns. Encore Scallywag, inspiré d’une longue lignée de Fox-Terriers de la famille Laing. Enfin, Big Peat qu’on ne présente plus. Ah, et oui… The Gauldrons devra attendre car j’ai égaré l’échantillon…
The Epicurean:
Léger et floral, comme ce que l’on peut attendre d’un Lowland. Marguerite soutenue par l’acidité d’un citron vert. Jeune avec une présence de solvant au nez. En bouche, un peu fade mais tout de même un côté plutôt malté, herbacé et de poire pas assez mure. Se manifeste un peu plus en finale avec des kiwis. Un whisky assez subtile, pas déplaisant mais qui ne restera pas gravé dans les mémoires. Parfait pour un apéritif sans prétention.
Rock Island:
Déjà un plus prononcé et celui-ci porte bien son nom : On s’imagine tout de suite sur une plage de galets avec plein de coquillages sur une île hostile. Je lui trouve aussi un côté fruité mais cette fois, plus sur les agrumes. Très fluide voire aqueux en bouche, frais, iodée, plateau de fruits de mer, mandarine, un peu minéral. La finale se fait sur un miel épicé accompagné d’une légère acidité. Un cran au-dessus mais manque encore une fois intensité, je reste un peu sur ma faim.
Timorous Beastie:
On gagne encore en intensité avec un whisky plus charpenté exprimant du chocolat, des épices piquantes, chili, clou de girofle. Encore un petit côté solvant. Plus moelleux en bouche avec du sirop de sucre de canne, du chocolat au lait et quelques épices. Encore plutôt simple mais plus gourmand que les deux précédents. Une finale boisée aux allures de tabac, de cigarette industrielle, le tout avec maintenant une certaine astringence. On est plus à l’apéro mais bien au dessert.
Scallywag:
On devine les yeux fermés que l’on est face au Speyside. Les arômes de Sherry sont en avant avec une belle intensité sur les fruits rouges agrémentés de subtiles épices. Crémeux, beaucoup plus prenant et gourmand. A la fois le sucre et l’amertume des fruits rouges. Egalement très malté évoquant des pâtisseries: tartelette aux fraises et crème pâtissière. Belle consistance en bouche Juste comme il faut. Tres bel assemblage. Vanille, sucre roux. D’un complexite superieure. On gardera celui-ci pour l’heure du goûter.
Big Peat:
Ah la on cause, impossible de se méprendre, on prend directement le bateau direction → Islay. Tourbe, brise marine, iode et citron est un combo qui fonctionne toujours. Fluide en bouche, il retranscrit bien les saveurs de la mer. L’acidité d’un zeste de citron avec un intensité minérale viennent clore ce superbe blend qui porte très bien son nom: Big & Peated. Le plus expressif de tous.
Le grand vainqueur de cette série est sans conteste Big Peat. Ce n’est pas pour rien que c’est le plus célèbre de la gamme qui est décliné dans toutes les éditions spéciales possibles et imaginables. En tout cas, l’objectif est atteint et cette collection permet d’avoir un rapide aperçu de ce que propose chaque région. Attention, ce n’est bien sûr qu’un aperçu tant les profils aromatiques sont variés à l’intérieur d’une région et peuvent même s’étendre au-delà de leurs frontières. Si vous êtes débutant et ne connaissez pas votre style de whisky: goûtez tous ceux–ci et creusez dans la région de celui que vous préférez.





