Fiche produit
Glengyle
Age: 8 ans
56.9 % – Cask Strength
Non filtré à froid
Couleur naturelle
Fûts: Olorosso de premier remplissage
Embouteillage: 2021
Glengyle, la première distillerie à avoir été inaugurée dans ce millénaire, permettant à Campbeltown de garder son statut de région du whisky. L’ancienne capitale du whisky, alors réduite à deux distilleries fut menacée par la Scotch Whisky Association qui souhaitait imposer un minimum de trois distilleries distinctes (comme dans les Lowlands de l’époque) afin de pouvoir être considérée en tant que telle. C’est donc sous l’impulsion des propriétaires de Springbank que la production redémarre a Glengyle des 2004. Le monde est donc prêt à voir débarquer des Glengyle Single Malts sur le marché… Ah mais non, ce nom est déjà utilisé pour un Blend et les droits sont en possession de Loch Lomond Group. Du coup Kilkerran fera l’affaire, un nom gaélique faisant référence à l’histoire de Campbeltown.
Glengyle se veut simple dans la gestion de la maturation en se concentrant sur les techniques de distillation. Ainsi, le distillat est reparti de la manière suivante: 50% Bourbon de premier remplissage, 30% Olorosso de premier remplissage et les 20% restants en fûts de Bourbon et Sherry classiques. Pour ce 8 ans brut de fût, la couleur ne fait aucun doute → On est sur de l’Olorosso de premier remplissage.
Arômes : Le verre est encore posé sur la table à un mètre de moi et je sens déjà l’intensité des arômes. Extrême, avec beaucoup de caractère, ce Single Malt renvoie une sensation charnue et animale de viande rouge, T-Bone et vieux manteau en cuir. Un petit côté de végétation en décomposition rappelle les bois avec toutes sortes de champignons. Non sans oublier les fruits rouges foncés macérés.
Saveurs : Oumph, une expérience à vivre, les mots me manquent pour décrire l’explosion qui se produit dans ma bouche. Visqueux, amer et bestial, c’est comme croquer à pleines dents dans de la viande rouge bien saignante ou dans le meilleur jambon de Bayonne. C’est d’ailleurs peut-être une alternative pour les végétariens… aucun animal n’ayant été blessé dans l’opération. Une certaine amertume est illustrée par les fruits des bois et les truffes en chocolat. Les fruits secs comme les pruneaux viennent compléter l’équation avant de laisser place au typique côté industriel. Ce Single Malt est digne des meilleurs Olorosso et bien que l’impact du fût soit fort, le caractère de la distillerie est bien là et les deux forment un parfait duo.
Finale : Persistant, amer et astringent. C’est dans la finale que le caractère de Kilkerran brille et vient dompter l’Olorosso. Huile de vidange accompagnée d’une légère fumée résiduelle aux allures chimiques: comme si on avait brûlé du plastique. L’Olorosso est toujours là donnant une impression de vieux bois sec.
Bilan : Au risque de passer pour un fou… je me lance: Ce whisky me fait toujours penser aux Village People… Le T-Bone rappelle le cowboy, l’huile de moteur renvoie à la salopette sale de l’ouvrier du bâtiment, le vieux cuir animal à la veste du motard de la police, la fumée finale au calumet de l’indien. Il manque le soldat et l’officier de marine mais cela suffit pour me mettre Y.M.C.A. en tête.
Racé, sauvage, bref… un whisky que je ne suis pas prêt d’oublier et il m’aura plus marqué que certains whiskys valant dix fois son prix. Si vous n’avez jamais essayé Kilkerran… et bien il n’est jamais trop tard pour s’y mettre !
Y.M.C.A.





